Entretien avec Roger Coupannec
"J’avoue que j’ai une préférence pour l’assassin !"
Qui êtes-vous, Roger Coupannec ? - Un retraité de l’Education Nationale qui a exercé en France et à l’étranger dans l’enseignement et dans l’administration. Mais je suis aussi un jeune auteur puisque « Pot-pourri à la fleur de sel est mon premier roman publié. Ecrire est un exercice aussi tonique pour l’esprit que le sport pour le corps. Le long cheminement qui vous mène en dix approximations et vingt ratures à l’expression jugée satisfaisante est ardu, certes, mais une phrase bien rythmée donne autant de plaisir qu’un swing réussi au golf. Votre narrateur est journaliste. Vous l’avez-vous-même été ? - Pas plus que lui. J’ai été correspondant de presse pendant plusieurs années à Herbignac pour L’Echo de la Presqu’île. J’en ai retiré je crois quelque chose. D’abord les faits divers, les « chiens écrasés », recèlent tous une dose d’humanité. De plus vous rencontrez des gens qui à leur échelle vivent parfois de vrais romans, pas tous drôles d’ailleurs. Enfin pour ce qui est de l’écriture, lorsqu’on vous demande par exemple un article de 1200 caractères, ce n’est pas 1500 ! C’est une excellente discipline pour éviter les bavardages inutiles. Au lecteur de dire si j’y ai réussi, bien sûr. Vous situez votre histoire en presqu’île guérandaise. Vous vous inspirez de la réalité ? - Pas des faits divers en tous cas. Cette histoire est inventée de toutes pièces. Il lui fallait un cadre et je me suis librement inspiré de l’environnement que je connais, la presqu’île guérandaise si variée du Croisic à Herbignac, avec ses ports, ses plages, ses marais salants mais avec aussi dans l’arrière-pays la Brière si secrète. De plus le contexte social charpente un peu le récit. J’évoque par exemple la marée noire, les élevages intensifs, la drogue, les sectes, le fichage généralisé des individus. Vous vous rattachez à une école d’écriture ? - Le monde que j’invente abrite des salauds, pas toujours punis d’ailleurs. Mais on y trouve aussi de la tendresse et surtout, si j’ai réussi, de l’humour qui rend la vie plus supportable…et, je l’espère, la lecture plus agréable. J’ai toujours lu avec plaisir les romans d’Exbrayat et si j’ai un regret c’est de ne pas avoir écrit les romans de Léo Malet avant lui ! Pourquoi une grille de mots croisés ? - Qu’un assassin se croie invincible au point de narguer l’intelligence des enquêteurs ou du public, cela s’est déjà vu hélas dans la réalité. J’ai voulu être original en utilisant une grille de mots croisés en guise de message caché. A ma connaissance le procédé était neuf et je le trouve piquant. On le sait, les mots muent et les mots ruent. Ici les mots tuent… Pourquoi ce titre « Pot-pourri à la fleur de sel » ?
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