Entretien avec Marc Leréah:
" Dans la vie, il y a ceux qui organisent les manipulations et ceux qui les subissent…"

Votre livre Ultime Pandémie, aux éditions d’Orbestier, sort en librairie au moment même où la plus grande campagne de vaccination de l’histoire de l’humanité va être effectuée pour tenter d’enrayer la grippe A-H1N1. Est-ce un hasard ou surfez-vous sur l’événement ?

— L’idée de ce scénario catastrophe m’était venue à l’époque de la grippe aviaire. Quand les premiers cas de grippe porcine sont apparus au Mexique, j’ai repris le manuscrit. Il n’y avait pas grand-chose à modifier pour l’actualiser…

Dans Ultime Pandémie, vous développez le thème de la propagation volontaire de ce virus par Al Qaïda dans le cadre de la guerre qui l’oppose à l’Occident. Vous y croyez ?

— C’est à ce niveau où dans la politique-fiction, le mot " fiction " prend toute son importance. Je pars malheureusement d’éléments bien réels : Le virus H1N1 qui avait provoqué la grippe espagnole en 1918 semble éradiqué en 1957.
Des années plus tard il réapparaît sous sa forme primitive. Connaissant les nombreuses expériences menées par les États et les organisations terroristes pour se procurer des armes biologiques, je me suis permis d’extrapoler… C’est la liberté de l’écrivain. D’autre part, il y a eu déjà des tentatives d’empoisonnement par la toxine provoquant le botulisme, par le bacille de l’anthrax, par la ricine,… Ce n’est pas pour rien que le plan Biotox existe en France et d’autres plans équivalents, dans le reste du monde.
Ne craignez-vous pas, en faisant porter la responsabilité de cette pandémie sur Al Qaïda, de stigmatiser les populations musulmanes ?

— Non, il y a un fossé immense entre le monde musulman et les terroristes d’Al Qaïda. Plusieurs chefs de cette organisation ont d’ailleurs déjà appelé par le passé à la guerre biologique.

Votre livre, même si ce n’est qu’une fiction, ne risque-t-il pas de provoquer l’inquiétude surtout quand vous abordez la possible mutation du virus H1N1 vers des formes plus graves ?

— Tous les médias nous parlent de cette possible mutation depuis des mois et des mois en se basant sur celle du virus de la grippe espagnole entre le printemps et l’automne 1918. Je ne fais que reprendre des informations connues de tous. La panique ne pourrait venir que par la dramatisation de la mutation de cette grippe.

Ne trouvez-vous pas que vos personnages sont un peu trop manichéens ?

— Bien sûr, mais n’est ce pas une réalité ? Dans la vie, il y a ceux qui organisent les manipulations et ceux qui les subissent. Je voulais aussi montrer que, par-delà les origines, nationales, ethniques et religieuses, les individus se définissent surtout par leur humanité. Ce n’est pas un hasard si le montagnard afghan, le flic français ou le président américain se trouvent dans le bon camp et le scientifique déglingué britannique, le chef d’Al Qaïda ainsi que le directeur de la CIA dans le camp des salauds.

 

ULTIME PANDÉMIE
MAGOUILLES SANS FRONTIÈRES